« J’irai pas dans ton école de merde ! »
Comment faire face au malêtre incarné ? L’école peut-elle être un lieu de résilience pour les élèves en souffrance ? À Bezannes (Marne), un dispositif de classe externalisée permet à des jeunes en centre éducatif et scolaire (CES) d’éprouver un certain bienêtre scolaire.Le centre éducatif et scolaire de Bezannes, à proximité de Reims, accueille des enfants de 4 à 14 ans confiés à l’Aide sociale à l’enfance par décision judiciaire ou administrative dans le cadre de ses missions de protection de l’enfance. Malgré leur jeune, voire très jeune âge, tous sont en situation de retard voire d’échec scolaire quand ils n’ont pas, pour certains déjà développé une attitude de décrochage vis-à-vis d’un monde scolaire qui les a rejetés, parce qu’ils n’en maitrisaient pas les codes. Nombre d’entre eux sont habités par un sentiment d’impuissance fort qui entraine un « empêchement de penser »1, des attitudes de refus et de repli, de la violence, un défaut majeur d’estime de soi, du stress, des angoisses, bref un malêtre général et scolaire profond :
« J’irai pas dans ton école de merde ! » (D., CE1)
« Tu peux te le garder ton travail de merde. » (N., CM1)
« C’est moi le chef i…