« Il faut préparer les enfants et les ados au monde qui les attend réellement »
Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le pédopsychiatre Patrice Huerre, auteur en 2005 de Faut-il plaindre les bons élèves ? Le prix de l’excellence, nous invite à ne pas confondre l’élève et ses résultats scolaires, et à tenir compte de ce qui pourrait relever de la pathologie chez certains élèves excellents.Est-ce un terme utilisé par les élèves ? C’est un vocabulaire d’adulte, il me semble. Lorsque l’on cherche l’antonyme d’excellence, c’est le mot nul qui vient naturellement. De quoi parle-t-on ? D’excellence académique, de performances scolaires, d’élèves abonnés aux très bonnes notes ? Ou évoque-t-on l’excellence humaine, relationnelle ? C’est plutôt cette approche que les Cahiers pédagogiques et moi-même portons ! Cette excellence doit être considérée comme fondamentale, celle qui met en avant les capacités de relation au monde, d’adaptation à des situations nouvelles, tout au long de la vie, même si le chemin n’est pas tout tracé, et la route sinueuse. Aujourd’hui, il n’est plus possible de programmer dès le plus jeune âge ce que son enfant pourra faire à l’avenir. L’héritage n’impose plus le futur. Le jeune doit apprendre à faire face aux surprises de la vie, à y trouver des satisfactions et non pas des sources d’angoisse. Ces compétences psychosociales seront demain un atout aussi important que l’excellence académique.
J’ai reçu de jeunes adultes qui avaient connu un parcours d’excellence (normaliens, polytechniciens, etc.) qui s’effondraient ou ne trouvaient plus de sens à une vie qui ne leur offrait pas ce qui leur avait été promis. La promesse qui leur avait été faite, sur la base de leur excellence scol…