Histoire d’un mot et de sa famille
D’où vient le mot excellence ? Et quels sont ses emplois littéraires, quotidiens, d’hier et d’aujourd’hui ? En s’appuyant sur le Dictionnaire historique de la langue française et Le Petit Robert, l’autrice se livre à une recherche lexicale personnelle.Je pensais que le mot excellence était étymologiquement formé du préfixe ex-, sortir de, et du nom cella, l’entrepôt, la chambre aussi. Eh bien non !
J’ai vérifié dans le Robert Historique : rien à voir avec cella. L’excellence ne sort pas du magasin. Rien à voir non plus avec le français celer, recéler. Elle ne sort pas de sa cachette, elle s’envole avec deux l vers la lumière. D’ailleurs, exceller, c’est briller. C’est écrit dans le Petit Robert (édition 2000). L’étymologie d’excellence, c’est bien le latin : ex – celsus. Celsus veut dire élevé, en hauteur ; c’est un cousin de culmen, le sommet, et de collis, la colline. Le préfixe ex- a ici un sens intensif : persister à s’élever. Assez nietzschéen, le plaisir de marcher vers les sommets et de suivre les crêtes, l’envie de ne pas redescendre, d’aller toujours plus haut.
Excellere, le verbe, c’est d’abord dépasser les autres. Excellence, avec une majuscule, c’est le titre honorifique des ambassadeurs et autres éminences. Comme Figaro s’amuse à qualifier le Comte dans Le Barbier de Séville (I, 2) : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connait-elle beaucoup de maitres qui fussent dignes d’être valets ? » Et si vous remplacez domestique et valets par apprenant et élèves…
Ces mots, je…