Est-ce que les ateliers de fluence sont efficaces ?

Le site des Cahiers pédagogiques a publié en quatre épisodes les éclaircissements et prises de position de Roland Goigoux, au sujet de l’engouement pour la fluence. Nous reprenons ici la partie qui interroge la méthode de remédiation aux difficultés en lecture.
Le ministère de l’Éducation nationale (MEN) a multiplié les injonctions adressées aux enseignants des cycles 2 et 3 pour qu’ils organisent une remédiation destinée aux élèves dont les scores de fluence sont jugés trop faibles. Fidèle à sa doctrine du couplage diagnostic-remédiation, il les incite à établir un parallèle étroit entre les tests d’évaluation et les ateliers d’entrainement à organiser. Il valorise les programmes visant l’automatisation de l’identification des mots par des activités de lectures répétées expérimentées en Amérique du Nord, il y a quarante ans et popularisées en France il y a quinze ans, par l’équipe de Michel Zorman, sous le nom « d’ateliers d’entrainement à la fluence ». Réalisés par petits groupes d’élèves supervisés par le professeur, ils se multiplient dans nos écoles, le plus souvent selon le déroulement préconisé par l’équipe de Zorman :
- présentation des objectifs de la séance ;
- première lecture à haute voix par le professeur et explication du sens du texte (et préparation du décodage de certains mots) ;
- lectures individuelles à haute voix, à tour de rôle, d’un court extrait de texte dont l’intérêt narratif est subalterne ;
- explicitation des erreurs par les autres …