EPS et éducation à la santé : un problème de définition ?

Publié le Lecture : 22 min

S’il est écrit que l’EPS poursuit un objectif d’éducation à la santé dans les récents programmes de collège, mais la réalité semble tout autre. Nous nous appuierons sur des recherches menées en EPS au cours de ces dernières années pour montrer que l’éducation à la santé se résume surtout à sa dimension physiologique, bien que les prescriptions officielles essaient d’ouvrir le champ des pratiques. Pourquoi ce constat ?

Dans les programmes officiels de 2008 concernant la discipline « éducation physique et sportive » (EPS), on peut lire trois grands objectifs pour cette discipline :

  • « le développement et la mobilisation des ressources individuelles favorisant l’enrichissement et la motricité » ;
  • « l’éducation à la santé et à la gestion de la vie physique et sociale » ;
  • « l’accès au patrimoine de la culture physique et sportive ».

Même si chacun de ses objectifs est suffisamment détaillé, et que, pour notre sujet, il est écrit que « la prise en compte de la santé doit s’envisager dans plusieurs dimensions : physique, psychique et sociale », l’éducation à la santé reste majoritairement centrée sur la dimension physique dans les pratiques d’enseignement de l’EPS. Pour étayer notre propos, nous ferons référence à des recherches récentes qui avaient pour but d’analyser les pratiques d’enseignement de l’EPS.

Ce qui s’enseigne en collège et en lycée

Les professeurs d’EPS font souvent référence à la dimension physique qu’ils associent à la « gestion de la vie physique d’adulte » des programmes. Pour eux, c’est surtout le bienêtre physique qui compte avant tout. Par contre, ils ne font aucun lien avec l’éducation au choix, telle qu’elle est proposée dans la définition de la circulaire de 1998 : « L’éducation à la santé vise à aider chaque jeune à s’approprier les moyens d’opérer des choix, d’adopter des comportements responsables, pour lui-même comme vis-à-vis d’autrui et de l’environnement ».

Les pratiques nous apportent plus de renseignements et nous constatons à chaque fois que les professeurs d’EPS filmés durant les séances d’EPS enseignent plus de choses qu’ils ne le déclarent lors des différents entretiens. Pour affirmer cela, nous nous référons aux travaux de Carine Simard et Didier Jourdan

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