En même temps !
« La crise de l’enseignement n’est pas une crise de l’enseignement, c’est une crise de la société », écrivait Charles Péguy. Jean-Pierre Obin nous propose de laisser un moment l’école de côté pour examiner l’état de notre société, confrontée selon lui, comme les autres sociétés occidentales, à trois grandes crises et donc à trois défis majeurs, politique, économique et culturel. Comment l’école française peut-elle participer à les relever ? Une lecture à compléter par celle de l’article de Françoise Lorcerie, ci-après.Une crise politique traverse la démocratie représentative libérale. La tentation populiste progresse partout, surtout chez les jeunes. Selon une étude américaine, seule une minorité de jeunes européens (et moins d’un tiers des jeunes américains) pensent aujourd’hui « qu’il est essentiel de vivre dans un pays démocratique1 ». Cette tentation autoritaire s’alimente de la certitude que le peuple a été dépossédé de toute souveraineté politique par les élites, mais aussi de sentiments partagés d’injustice économique et d’insécurité culturelle