Élèves décrocheurs, tenaces professeurs ?

Le décrochage scolaire ne touche pas seulement les lycées professionnels, mais ce sont bien eux qui, en fin de scolarité obligatoire, font face aux jeunes dont les autres filières ne veulent guère. Conscients de ce fait, certains adolescents rejettent l’institution et décrochent de multiples façons (repli, absences, perturbations, etc.). Bon an mal an, les professeurs travaillent alors aux limites de leur métier, là où les pratiques peuvent devoir se réinventer. Le sens des savoirs, les raisons d’apprendre, le postulat d’éducabilité, le lien éducatif ne restent vivants que si les professionnels se sentent concernés par ce que deviennent leurs élèves, y compris quand ceux-ci semblent préférer qu’on les laisse en paix. De ce point de vue, les marges du système lui offrent un laboratoire pour l’aider à prévenir plutôt qu’à guérir l’exclusion, à imaginer une pédagogie et une formation des enseignants n’ayant pas peur (et pour cause) de la remise en question.
Une recherche menée durant deux années auprès de huit futurs professeurs de lettres-histoire et géographie de lycée professionnel à l’École supérieure du professorat et de l’éducation de l’université de Lyon 1 a ainsi montré comment leur formation initiale leur permettait ou non de développer leur rapport au décrochage scolaire