D’UNE GESTION SCOLAIRE À UNE APPROCHE CULTURELLE
Faut-il identifier, classer, rectifier sans relâche les erreurs, comme pour obstruer des fuites dans un barrage, ou bien privilégier un regard global sur les apprentissages, pour guider le cours du fleuve ?
Faut-il se tromper pour apprendre, errer pour réussir ? La réponse semble aujourd’hui aller de soi. On craint la perfection sans tâches, la pureté d’une exactitude sans défaut, la didactique de la langue de bois. On admet depuis fort longtemps que la connaissance est un processus plus spiralaire que linéaire, un chemin escarpé et sinueux, un parcours semé d’embuches qui prennent appui sur une démarche faite d’essais et d’erreurs. La pratique ne s’accorde pourtant pas si aisément à ce discours ostensiblement humaniste. Dans notre système éducatif, plus on commet d’erreurs, plus on s’égare et erre ; dans notre école, plus on se trompe, plus on est (dés)orienté et parfois même réorienté.
Les erreurs sont au cœur des préoccupations pédagogiques. On cherche à les cerne…