Des plaines d’Abraham à la pensée critique
Au Québec, le débat sur l’enseignement de l’histoire est vif entre partisans d’un récit au service d’une identité menacée et partisans d’une didactique au service du développement de l’esprit critique.Dans les échanges publics sur les fins qu’il faudrait assigner à l’histoire scolaire et les moyens pour les accomplir, les protagonistes recourent souvent à des dichotomies (tantôt éclairantes, tantôt trompeuses) et font parfois se chevaucher ou s’emboiter certaines d’entre elles : acquisition de connaissances factuelles ou d’habiletés transférables ; cognition ou passion ; conscientisation freirienne ou identification patrimoniale ; disciplinarité ou « éducation à… » ; narration magistrale ou mise en action collective.
Au Québec, deux de ces débats fondamentaux et parallèles se produisent et se recouvrent périodiquement, alimentent à l’occasion des procès d’intention politique et embrouillent en général les échanges. Faut-il enseigner l’histoire d’une nation (et laquelle ? québécoise ou canadienne ?) qui assimile (ou adjoint ?) plus (ou moins ?) de groupes (et lesquels) ? Faut-il former des citoyens (et lesquels ? communautariens ou universalistes ? critiques ou responsables ?) ou instruire des élèves et, si les deux phénomènes sont conciliables, leq…