« Avons-nous vraiment besoin de ce mot ? »
Ne cherchez pas ! En trente ans de carrière, l’historienne et psychanalyste Mireille Cifali, professeure honoraire en sciences de l’éducation à l’université de Genève, a pensé les conditions de l’apprentissage sans utiliser une seule fois le mot « bienêtre ». Quel regard porte-t-elle sur ce mot ? Que cache cette vogue du bienêtre ? Entretien.

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Avant de répondre, une précaution me semble indispensable : je n’ai à cet instant lu aucun des textes du dossier et je n’ai évidemment pas pris connaissance des expériences menées qui sont rattachées au bienêtre. Comme d’habitude, ce ne sont pas les mots sous couvert desquels nous agissons qui donnent automatiquement sa qualité à une expérience. Cette expérience a sa justesse par les attentions qu’elle réserve à chaque élève pour qu’il puisse y trouver son compte, même à celles et ceux qui résistent et échappent ; également par son éthique qui interroge les bonnes intentions de départ pour s’apercevoir si elles ont peut-être eu un effet contraire à ce qui étai…