Yvette, muette, trop bête
AVRIL 1967. Issues de la réforme Fouchet-Capelle de 1963, les classes de transition avaient, sur le papier, la mission d’assurer le passage vers le collège d’enseignement général pour les élèves qui n’avaient pas pu y accéder à l’issue du CM2, alors que l’âge de la scolarité obligatoire avait été porté de quatorze à seize ans depuis 1959. Deux années de transition pour grandir et murir, accompagné par une pédagogie différente, voilà qui devait résorber les retards, redonner confiance, éviter que ne se développe le fléau lié à la massification : l’échec scolaire. Après trois ans de mise en place, l’heure d’un premier bilan est arrivée. Le dossier des Cahiers pédagogiques n° 68 est coordonné par Roger Ueberschlag, inspecteur départemental de l’Éducation nationale et grand militant de l’éducation nouvelle, dont il a diffusé les idées dans les Cahiers pédagogiques, Le Nouvel Éducateur et la Fédération internationale des mouvements d’éducation nouvelle avec ferveur et enthousiasme, jusqu’à sa disparition en avril 2008. Voici cet éditorial, suivi du portrait d’une élève de classe de transition, par une institutrice anonyme.
Yannick Mevel
Âge : quatorze ans.
Place dans la fratrie : ainée de cinq enfants.
Vient du cours moyen première année qu’elle a redoublé. Une de ses maitresses m’en parle comme d’une …