Une professionnalisation volontaire
Confrontés à des publics difficiles, des enseignants s’engagent dans des itinéraires personnels de professionnalisation. L’institution sait-elle les reconnaitre et les encourager ? Pas si simple.Professionnalisation ? De quoi s’agit-il ?1Au sens banal, la professionnalisation d’une activité passe par sa reconnaissance comme métier, ayant sa place sur le marché du travail. Les titulaires de ce métier forment une corporation ou sont défendus par un syndicat. Leurs représentants se soucient de l’image publique du métier, de son statut juridique, de ses charges fiscales, des formations et des diplômes qui en commandent l’accès, de son rapport à d’autres métiers, de sa position dans une échelle des professions, des qualifications, des revenus.
Les métiers sont aujourd’hui recensés, protégés. Leur liste est établie. Mais elle reste ouverte. Les changements technologiques affectent en permanence les activités productives, certains métiers disparaissent, d’autres évoluent, éclatent en métiers distincts ; d’autres sont créés par l’émergence de nouveaux produits, de nouveaux marchés, de nouvelles législations. Le monde du travail génère de nouveaux métiers, qui existent d’abord comme projets, sur la base desquels l’État ou les entreprises organisent une formation.
Le dynamisme du monde professionnel n’exclut pas la pro…