Un travail passionnant pour les maitres et pour les élèves
Antoine Prost n’est pas qu’un historien de l’éducation dont on connait les analyses pénétrantes sur notre système éducatif. Il fait aussi autorité en ce qui concerne la Première Guerre mondiale, depuis sa thèse sur les anciens combattants et la coordination d’un ensemble intitulé Penser la Grande Guerre (avec Jay Winter). On lui a confié d’importantes responsabilités dans le cadre du centenaire. Il nous livre ici ses réflexions sur ce que peut et doit être dans les écoles cette commémoration, en tant qu’historien, en tant que spécialiste de l’éducation qui s’intéresse d’abord à la pédagogie et à ce qu’apprennent les élèves.
Il y a toujours eu des commémorations officielles, organisées par l’État, notamment pour les anniversaires décennaux de la Grande Guerre. Celles du centenaire sont différentes, parce que l’État est confronté à une demande sociale considérable, qu’il s’est donné pour but de coordonner et de soutenir. La commémoration prend ses racines en effet dans les mémoires familiales et locales. Parce que la guerre de 1914 est probablement la plus grande épreuve qu’ait traversée la société française, elle a laissé des traces, comme des cicatrices. Depuis une quinzaine d’années, des familles retrouvent dans des greniers des carnets de poilus, des lettres, des liasses de photographies. Elles les éditent en ligne. …