Scènes de la vie en maternelle
Instants de vie au début d’une journée de classe, avec le regard particulier sur les enfants que permet l’observation attentive, ici, du psychologue scolaire.
Mardi 26 février 2013, trois jours avant les vacances d’hiver. La veille, j’ai demandé à l’enseignante avec qui j’ai l’habitude de travailler, si elle voulait bien m’accueillir dans sa classe, dont je suis quelques élèves. 8h20, je cherche une place pour m’asseoir. La maitresse accueille chaque enfant par une bise et parle avec les quelques parents présents.
Syrielle s’approche de moi, près de la table où se trouvent des livres. Elle en prend un, le pose à côté de moi. Je pense qu’elle doit à cet instant avoir besoin de mon attention. Elle ouvre le livre à une page et regarde l’image. Elle me regarde, me montre l’image et dit : « Il est méchant, l’ogre. » Sur la page on voit le ventre énorme et en avant de l’ogre. Je m’exclame : « Oh là là oui ! » Elle ajoute « il fait peur », puis elle touche le ventre de l’ogre et me regarde comme si elle venait de faire une prouesse, toucher le ventre malgré sa crainte. Je sens qu’elle est en train de me signifier qu’elle est très courageuse. Son visage est moins rouge. Elle tourne les pages, soulève des rabats pour voir ce qu’il y a dessous. Elle regarde l’œil de l’ogre qui regarde par le trou d’une serrure. Elle me dit « j’ai pas peur, il ne peut pas me mordre et me manger » et elle recouvre l’œil de l’ogre de sa main.
Éric, assis à côté de nous, attire mon attention pour me montrer les origamis qu’il déplie en tournant chaque page de son livre. Il me montre comme ils sont beaux. Mon attention est partagée entre eux, Syrielle et lui. Un peu plus tard, ils regarderont ensemble un livre.
J’entends la petite voix scandalisée de Jules…