Rencontre avec Robin Renucci

Publié le Lecture : 20 min
Un entretien exclusif avec Robin Renucci, acteur, réalisateur, passionné de théâtre et ardent défenseur de l’art et de la culture à l’école.
Dans le beau livre Les enfants ont-ils droit à l’art ?, Jean-Gabriel Carasso écrit : « J’enrage de voir nos enfants si peu concernés par l’art et la culture ? » Est-ce que c’est aussi votre cas ?

Ce ne sont pas les mots que j’emploierais, car je suis attentif à ne jamais blâmer les uns et les autres. Disons que les politiques culturelles ou éducatives ne concernent pas suffisamment les enfants dans le domaine de l’art et la culture. Pourtant, l’enfant est concerné de nature, il a l’élan et une propension naturelle à désirer l’expression de soi. Malheureusement, les politiques éducatives ne font pas une place assez large à une éducation par l’art telle que nous la prônons.

Un mot revient régulièrement dans ce que vous écrivez avec Bernard Stiegler : le désir, auquel il faut associer la pulsion.

Oui, bien sûr, le désir est essentiel. C’est l’histoire de l’école que de vouloir transformer la satisfaction de la pulsion en un acte élévateur, grace notamment à l’art et au symbolique. Comment aider l’enfant à passer du bavardage à la parole, de l’agitation ou de l’excitation à la concentration, et surtout de la gesticulation au geste ? Le geste et la parole sont des faits humains. La pulsion et le cri relèvent de l’animalité, du mammifère, et sont donc aussi naturels chez l’humain. Cela fait partie des missions de l’école de faire passer de l’agitation au geste, de l’excitation à la concentration, du bavardage à la parole.

Comment reliez-vous l’art à cette régulation, à cette possibilité de transformer la pulsion en désir ?

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