Réforme de structure ou de posture ?

Quels sont les soubassements historiques du socle commun ? Avec un peu de recul, celui-ci est bien dans la continuité dans l’histoire longue de l’unification du système éducatif français.
« Le socle commun est un acte refondateur qui engage l’institution scolaire dans son ensemble. » Cette phrase n’est pas tirée de la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, mais de la définition du premier socle commun, celui qui accompagnait la loi d’orientation de 2005. Quels peuvent bien être les enjeux de ce projet refondateur, initié sous une majorité de droite et relancé sous une majorité de gauche huit ans plus tard ?
Le socle commun de connaissances et de compétences fut la référence centrale autour de laquelle s’étaient organisées les préconisations de la commission constituée en septembre 2003 et présidée par Claude Thélot. Pendant qu’elle travaillait, un grand débat national sur l’école fut lancé dans toute la France jusqu’en janvier 2004, dont les conclusions lui furent adressées. François Fillon allait s’en inspirer pour préparer la loi d’orientation qui fut promulguée le 23 avril 2005. Ce premier socle commun a pu être vu comme la traduction française de la convergence des politiques européennes d’éducation, dans le sillage du Conseil européen de Lisbonne de mars 2000. Il y avait été question d’accroitre la qualité des systèmes d’éducation et de formation, de faciliter l’accès de tous à l’éducation tout au long de la vie, d’ouvrir la formation sur le monde. Au Conseil européen de Barcelone (mars 2002), les États membres se sont accordés sur des « méthodes de coor…