Qui a l’initiative pédagogique ?
Entre le cadrage national et l’activité enseignante dans la classe, un grand absent : l’établissement. C’est pourtant le contexte ordinaire de travail des professeurs, qui ne sont pas des professions libérales en cabinet.
La façade juridique des collèges et des lycées français est une belle apparence : l’« établissement public local d’enseignement » définit règlementairement une organisation des pouvoirs complexe : définition des compétences, délimitation des surfaces d’échange et des modes de décisions, tout est prévu. C’est la constitution de l’établissement scolaire.
Façade, toutefois, en bonne part, puisqu’on sait aussi que la raison même1 d’être de ces établissements, à savoir les apprentissages des élèves, échappe largement à cette organisation des pouvoirs : les instances délibérantes se saisissent peu et sont peu saisies de ces matières, les projets d’établissements sont rarement la référence principale des activités d’enseignement elles-mêmes. Les évaluations qui ont cours sont essentiellement des inspections individuelles de professeurs où la perspective de l’établissement est en général peu tracée par quelqu’un, l’inspecteur, qui dispose de peu d’outils pour l’appréhender