Question de confiance
Un enseignant qui valorise l’enfant, un enfant qui a plaisir à apprendre, des parents qui font confiance à l’école : commençons par essayer d’installer ce cercle vertueux, gage d’une possible coopération.En discours officiel, on appelle cela « la collaboration école-famille ». Mais cette formule ne sert pas à grand-chose dans la pratique, car on a affaire à un mot piège. On dit « collaboration », mais ce qu’on sous-entend, c’est que les parents soient d’accord avec tout ce que fait l’école, ce que pense l’école, ce que propose l’école, avec tout ce que l’enseignant fait, pense, propose.
Pourquoi une telle conception asymétrique de la collaboration ne sert-elle à rien (hormis à l’institution à affirmer son pouvoir) ? Parce que l’obéissance du parent n’est pas ce qui fait réussir l’enfant. Parce que la réalité de la relation à trois (entre l’enseignant, l’élève enfant et le parent) est plus compliquée, et chacun des trois le sait ou le sent bien. Ce qui fait réussir un enfant, c’est d’abord et avant tout ce que l’enseignant fait avec lui. S’il a des difficultés, ce qui va l’aider, c’est d’être compris et aidé par son enseignant. Ensuite, entre l’enfant élève en difficulté et ses parents, il se joue un sentiment de déception et une peur de ne plus être aimé pour soi. L’enfant déçoit ses parents en ratant. Comment ceux-ci …