Quand on peut on veut
Prolétaire, bricoleur, artiste, ingénieur, etc., comment les enseignants se vivent-ils aujourd’hui ? Perspectives pour sortir de la déploration.Mépris, ce mot est revenu 125 fois en décembre 2019, dans le petit sondage que je réalise en fin d’année pour caractériser l’année éducative auprès des personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux. Mensonges est cité cinquante-deux fois, puis défiance. Suicide arrive en septième position, et le nom de Christine Renon (directrice qui s’est suicidée sur son lieu de travail) en huitième.
Cette enquête auprès de 350 personnes n’a aucune valeur scientifique, elle dit malgré tout la perception que des enseignants ont de leur métier et de leur position sociale. On peut y lire une critique des relations sociales et du management dans l’Éducation nationale. Mais aussi un fort sentiment de déclassement et de dégradation de leur métier. Aujourd’hui, le climat est donc à la déploration et la désespérance. Et, on le sait, ce n’est pas avec des personnes en souffrance qu’on peut faire évoluer le métier et le système éducatif. Le sociologue Philippe Perrenoud écrivait en 1996 que le métier d’enseignant était à un tournant entre « prolétarisation » et « professionnalisation ». Un quart de siècle plus tard, comment sortir (par le haut !) de la désespérance et envisager ce que pourrait être une réelle professionnalisation ?
Il est tentant de conclure sans nuance (comme on le fait sur les réseaux s…