Prière d’exécuter
Le statut juridique des programmes d’enseignement est lourd de conséquences sur les pratiques pédagogiques. Quelle place l’État laisse-t-il à l’autonomie intellectuelle et professionnelle des enseignants?Dans notre pays, l’histoire scolaire, façonnée par l’Église catholique, l’État et la République selon leurs divers avatars, est spécifique. Sans être au sens strict dans l’éducation comparée, nous pouvons parler toutefois de prescription « à la française », en pointant divers caractères qui ne sont pas, pris isolément, en tous les cas spécifiquement français, mais dont l’association constitue un paysage qui ne se retrouve, lui, qu’en notre pays.
La prescription programmatique se présente sous la forme de normes juridiques fixées sur le plan national par le ministre de l’Éducation nationale : une norme paradoxale, en fait, à la fois à statut faible, puisque décidée sans intervention du législateur, et ayant la force de la règle d’État. Ces programmes sont constitués d’un grand nombre de textes, chacun correspondant à une discipline et à une année d’études. Ils s’imposent sans être justifiés par un argumentaire, ce qui en renforce le caractère indiscutable. L’inspection des enseignants est chargée de vérifier régulièrement la mise en œuvre de ces programmes dans les classes.
En conséquence, ils sont présents dans le langage qui a cours dans l…