Prendre soin et rendre libre
En ouverture, un entretien stimulant avec un défenseur convaincu des droits de l’enfant et de l’élève, qui pointe ce qui sera un fil directeur du dossier : la distinction entre « droit à » et « droits de ».
Traditionnellement, les « droits à », qu’on nomme aussi les « droits-créances », renvoient à tout ce qui relève de la protection de l’enfant (nourriture, santé, logement, sécurité, protection contre toute forme d’exploitation, non-discrimination, etc.), tandis que les « droits de », qu’on appelle aussi les « droits-libertés, renvoient, eux, à la possibilité pour l’enfant de s’exprimer, de s’informer et de débattre, de donner son avis, individuellement et collectivement ; ils lui garantissent également la liberté de pensée, de conscience et de religion. Tout en précisant que « les opinions de l’enfant [sont] dument prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ». Ces « droits-libertés » sont formulés dans les articles 12 à 15 de la CIDE (Convention internationale des droits de l’enfant) et c’est sur eux, bien sûr, que se sont focalisés, en particulier dans les pays développés, les débats et les critiques.
Les adversaires des droits de l’enfant n’ont pas manqué, en effet, de pointer la contradiction…