« On n’y voit rien… »
Une professeure de français assiste au cours de sa collègue de mathématiques. La parole à l’une, puis à l’autre, pour évoquer ce qui s’est déroulé.
Le lycée dans lequel se déroule le cours est un établissement à vocation scientifique et technique un peu ancien. Les lieux le disent, trois tableaux à craie dans la salle, dans l’armoire des exemplaires du Vicaire savoyard de Rousseau au programme des prépas scientifiques récemment. Les élèves qui composent la classe de 2de observée sont majoritairement des garçons. J’imagine donc que même si le cours de maths est un cours qu’ils doivent prendre au sérieux, leur âge va imposer un cadrage serré, d’autant que nous sommes en première heure de l’après-midi, le dernier lundi de classe avant les vacances de la Toussaint.
L‘entrée en classe des élèves correspond à mon attente : bousculade, bavardages. Ce moment clé s’annonce ici sous le signe du divorce. Les élèves restent debout alors que la professeure leur rappelle qu’elle ne veut pas de ce temps mort, qu’elle veut qu’ils sortent leurs affaires de maths rapidement. Elle annonce le contrôle du cours suivant, en donne le programme qui intègre le contenu du cours qui va se dérouler, mais les élèves ne se mobilisent pas. Un élève dit, assez fort pour que je l’entende, « je n’ai rien noté ». Mais la professeure ne répète pas et garde son rythme. Elle vérifie maintenant que le travail maiso…