Observer l’observation

Publié le Lecture : 16 min

Comment éviter le modèle de l’enseignant et de l’élève dans la relation qui se noue entre l’observateur et celui qui est observé ? L’auteur nous propose un détour par l’ethnologie pour éclairer la situation.

Un dialogue de sourd : telle est l’impression désagréable que m’a laissée un récent entretien avec un étudiant en formation pour devenir professeur des écoles, suite à deux visites que j’avais effectuées dans ses classes de stage. Impression d’autant plus déstabilisante que l’échange s’est fait en décalage et non à chaud, après l’observation. Car à chaud, on se trouve des excuses : la décompression du côté de l’observé, qui risque de chercher à tout justifier par les circonstances (ce matin ils étaient agités, il y avait trop d’adultes dans la classe, etc.), l’improvisation du côté de l’observateur (une prise de notes chaotique, le manque de temps avant la reprise de la classe, etc.). Mais quelques semaines plus tard, si rien ne change, c’est le signe d’un problème de fond dans la relation de formation telle qu’elle s’incarne lors des moments d’observation sur le terrain.

Pourquoi un dialogue de sourd ? Parce que l’étudiant s’efforce de m’expliquer qu’il a bien compris mes critiques, mais que la difficulté réside dans la mise en œuvre sur le vif, tandis que je m’échine à pointer les points clés que je souhaiterais qu’il reformule pour me montrer ce qu’il changera la prochaine fois. Bref, entre lui et moi se creuse le fossé entre la pratique et le discours sur la pratique. Et le pire, c’e…

Déjà abonné ? Connectez-vous

Ce contenu est réservé aux abonnés.

Vous avez pu lire gratuitement 15% de cet article, créez un compte et nous vous offrons sa lecture.
Abonnez-vous pour pouvoir lire tous nos articles !

À lire sur "Formateur d’adultes"

Qu’est-ce que le « bon » travail enseignant : des définitions qui s’actualisent dans le réel de la classe

En prolongement de la première partie de leur enquête sur le « bon » travail enseignant, des étudiantes en master MEEF premier degré de l’académie de Nantes montrent comment des enseignantes expérimentées doivent arbitrer en permanence entre la progression formelle des programmes et les besoins réels des élèves, et pourquoi elles sont parfois amenées à faire des compromis avec leurs idéaux professionnels

Publié le 23 septembre 2026 16 min
Piloter un projet européen, ça change quoi ?

Le projet CulturEurope mené par l’Inspé de l’académie de Créteil a réuni des formateurs de toutes disciplines pour créer des ressources qui feront vivre la culture européenne dans les classes et aideront à construire un « sentiment d’appartenance européenne » chez les élèves. Pour les formatrices et porteuses du projet, qu’est-ce que cela a changé ? Témoignage.

Abonné Publié le 18 septembre 2026 4 min

À lire sur "Formateur d’adultes"

Qu’est-ce que le « bon » travail enseignant : des définitions qui s’actualisent dans le réel de la classe

En prolongement de la première partie de leur enquête sur le « bon » travail enseignant, des étudiantes en master MEEF premier degré de l’académie de Nantes montrent comment des enseignantes expérimentées doivent arbitrer en permanence entre la progression formelle des programmes et les besoins réels des élèves, et pourquoi elles sont parfois amenées à faire des compromis avec leurs idéaux professionnels

Publié le 23 septembre 2026 16 min
Piloter un projet européen, ça change quoi ?

Le projet CulturEurope mené par l’Inspé de l’académie de Créteil a réuni des formateurs de toutes disciplines pour créer des ressources qui feront vivre la culture européenne dans les classes et aideront à construire un « sentiment d’appartenance européenne » chez les élèves. Pour les formatrices et porteuses du projet, qu’est-ce que cela a changé ? Témoignage.

Abonné Publié le 18 septembre 2026 4 min