L’école qu’on porte en soi
L’injonction de plus en plus fréquente à écrire sur les élèves est-elle compatible avec la posture enseignante ? L’auteure a rencontré une professeure des écoles dans le cadre d’une recherche sur les écrits professionnels.L’enseignant n’est pas neutre quand il fait la classe : il enseigne avec sa propre représentation de l’école et un certain rapport au savoir, construit tout au long de son existence, et particulièrement dans sa vie d’écolier. C’est notamment ce que développe Claudine Blanchard-Laville1 dans ses travaux. Inévitablement, le soi professionnel est empreint d’un soi élève.
Anne, par exemple, me parle très rapidement des situations d’écriture qu’elle appréciait tant quand elle était enfant. Elle me confie qu’elle fait écrire ses élèves sur le modèle de « l’expression écrite » qui lui plaisait plus que tout. Elle me dit se souvenir d’« un truc adorable » qu’elle aimait beaucoup quand elle était petite : « C’était le texte libre », ajoute-elle, avant de reprendre dans un souffle « texte libre ». Avec ses élèves, elle reproduit un modèle pédagogique…