Le changement : progrès ou nouvelle norme
Avant de changer, sans doute faut-il s’interroger sur les motivations de ce changement, les problèmes qu’il s’agit de résoudre, ceux qui vont apparaitre en changeant. Il est toujours bon de ne pas répondre trop vite à des questions complexes
Comment changer un établissement ? Face à une question vive, qu’elle soit issue de l’expérience sociale elle-même ou de l’agenda politique et public, les chercheurs ont souvent le réflexe de critiquer ou de déplacer la question elle-même. Or, la présente interrogation, même si elle parait simple, comporte suffisamment de présupposés pour qu’il apparaisse nécessaire d’adopter une telle posture, et c’est donc chemin faisant en questionnant la question qu’il faudra tenter d’amener malgré tout quelques réponses.
D’abord, la question fait d’emblée l’économie du pourquoi, supposant en quelque sorte que tout changement serait positif, ou qu’il ferait l’objet d’un accord sur sa nécessité, avant même sa mise en œuvre. Et il est vrai que le mot de changement est parfois employé de manière intransitive dans certaines formulations, comme dans l’expression « réussir le changement », semblant simultanément appeler et clore l’interrogation naïve et spontanée : « Le changement, mais lequel ? » Le changement apparait comme une entité cohérente et une fin en soi. D’autre part, la question suppose une définition d…