La désorientation scolaire
Si l’orientation doit changer de cap, c’est aussi pour suivre les évolutions de la société elle-même : la place de la jeunesse, de nouveaux rapports aux institutions, des constructions individuelles différentes.
Le mot orientation recouvre trois sens. Premièrement, il désigne un ensemble de processus aboutissant à la sélection et à la répartition des élèves et des étudiants dans les différentes voies d’un dispositif de formation. Deuxièmement, il se réfère à l’ensemble des activités et des processus réflexifs d’un individu en vue de « trouver sa voie ». Troisièmement, il regroupe des dispositifs et des interventions (professionnelles) d’aide aux individus visant à leur permettre de « s’orienter » (au sens deux, ci-dessus).
Ces trois dimensions de la notion d’orientation se révèlent particulièrement enchevêtrées au sein de l’école secondaire et supérieure française. Celle-ci constitue en effet une organisation telle que les élèves et étudiants y apprennent à se poser la question de leur orientation (au sens deux ci-dessus) d’une manière très particulière. Or, cette manière de se rapporter à l’avenir est fort éloignée des problèmes d’orientation auxquels les individus doivent faire face dans les sociétés industrialisées mondialisées d’aujourd’hui. Cette observation conduit à s’interroger sur les différentes manières d’aider les jeunes à construire le capital de compétences pour s’orienter, que chacun est tenu de détenir dans les sociétés mondialisées et organisations flexibles du travail d’aujourd’hui.
En tant qu’institution sociale, l’é…