Indifférence paisible et indifférence pénible
« Du moment qu’ils ne dérangent pas la classe », entend-on parfois. Après tout, les élèves ont-ils le droit de ne rien faire ? Que deviennent alors le droit à l’instruction et les exigences du collectif ?
L’enseignant n’est pas qu’un pourvoyeur de savoirs. Il occupe dans l’école une place de responsabilité, ce qui signifie à la fois qu’il a un certain pouvoir et que se pose pour lui la question de son autorité. Dans les deux cas, il est question d’agir en direction des élèves. Chercher à agir via l’autorité, cela veut dire essayer d’avoir une influence mais refuser d’aller jusqu’à contraindre, c’est une proposition qui peut être refusée. Si elle l’est, il y a deux possibilités : l’enseignant peut en prendre acte, ou choisir d’agir (dans les limites déontologiques et règlementaires qui encadrent sa profession) par un autre moyen, qui lui, au contraire de l’autorité, peut être contraignant. Lorsqu’il dit, par exemple, à un élève en souffrance, « parle-moi », il acceptera sans doute qu’il refuse de parler. Dans d’autres cas, il essaie d’abord d’agir par autorité (si deux élèves se battent, l’enseignant peut dire « Arrêtez ! »), mais devra agir ensuite par d’autres moyens si nécessaire. Quelle peut être l’influence de la logique des droits de l’enfant sur ces différents modes d’assomption de la responsabilité éducative en contexte sco…