Être ou avoir ?

L’école, lieu de purs esprits ou de corps animés ? Le cinéma en donne une image qui ne manquera pas de surprendre.
Le cinéma français donne de l’image du corps enseignant une représentation proche de la réalité observable : le professeur est très généralement dépeint, construit ainsi par le système scolaire dont il est issu, comme une présence tentant de dissocier corps et activité mentale : sa professionnalité inscrirait cette capacité à séparer l’existence physique de l’activité intellectuelle.
Très loin de « l’esprit sain dans un corps sain » prôné par ailleurs, au-delà des classes de maternelle, le système scolaire français s’affirme encore aujourd’hui comme une répression méthodique du corps. Sans doute a-t-il conservé, même après la Révolution, même après l’avènement de l’école obligatoire, même après la libéralisation des mœurs post-soixante-huitarde, la rigueur de l’enseignement religieux catholique castrateur de jadis.
Ce qui frappe dans la description des cours présentés dans les films, c’est cette constante d’un lieu d’enfermeme…