Espoirs et rudes réalités
Un texte très émouvant sur l’accueil sans concession réservé à une juriste d’entreprise devenue professeure des écoles stagiaire. Les terribles conséquences d’un mauvais accueil dans une équipe.
Jeudi 3 juillet 2014, 10 h 30. Je rafraichis pour la énième fois la page sur laquelle doivent figurer les résultats d’admission du CRPE (concours de recrutement des professeurs des écoles). Ça y est, les résultats sont publiés. Je cherche mon nom, imaginant bien qu’il n’y sera pas. Le voilà ! Il figure parmi les noms de toutes ces personnes qui sont admises. J’ai réussi. Cette reconversion, je l’espérais par-dessus tout. Toute une année à réviser, soirs, weekends et vacances, en parallèle de mon emploi actuel. Beaucoup de moments en famille, avec mon mari et mes enfants, sacrifiés, mais pour la bonne cause, manifestement.
J’ai 35 ans, deux enfants, une dizaine d’années d’expérience de juriste dans le privé, et ce sentiment de plus en plus prégnant que mon travail n’est utile à personne. Mais une nouvelle vie professionnelle s’offre à moi avec ce concours et dans deux mois à peine, je ferai ma première rentrée, en même temps que mon petit garçon.
L’été passe. Je fais mes adieux à mes collègues et à ce monde dans lequel je ne trouve plus de sens. J’ai eu la chance de pouvoir choisir l’école dans laquelle je voulais être. Je sais que l’année ne va pas être simple car j’ai tout à apprendre, je vais devoir jongler entre l’ESPÉ (école supérieure du professorat et de l’éducation) et l’école, dans deux classes élémentaires de niveaux différents, qui plus est. Mais je suis motivée plus que jamais.
Je prends contact avec les deux maitresses avec lesquelles je vais partager les classes…