En formation continue

Publié le Lecture : 20 min

La souffrance enseignante est sans doute liée au travail que chacun fait avec les élèves, mais elle est aggravée par des facteurs propres à l’organisation du travail dans les établissements et par les défauts de fonctionnement des collectifs.

Si nous vérifions tous les jours à quel point le collectif est bien la source et la chambre de résonance de la souffrance au travail (et du même coup du plaisir), nous nous approchons aussi des tensions vécues par la personne au cœur de son activité. Et si ce n’est pas courant que les professeurs que nous rencontrons parlent eux-mêmes de souffrance, quand ils nous racontent une anecdote ou quand nous reparlons avec eux d’une situation que nous avons observée, à la question « Vous diriez que cela vous a fait souffrir ? », la réponse est très souvent« Oui. On peut dire ça. » Il ne s’agit pas là de personnes dites en difficulté, mais de professeurs actifs, inventifs, volontaires pour nous parler. Il s’agit de la souffrance quotidienne jamais nommée comme telle, mais exprimée en termes de fatigue, de surcharge, d’usure au fil des jours. En début de stage, la plainte est la même qu’en salle des professeurs, sur les élèves, les programmes, les parents et le ministre. Mais le plus chaud, le plus douloureux n’est pas là. Il est plus près. Il est dans l’établissement.

Une des hypothèses que nous posons dans notre groupe de formateurs est que la souffrance enseignante est liée au travail que chacun fait avec les élèves, mais qu’elle est aggravée par des facteurs propres à l’organisation du travail dans les établissements et par les défauts de fonctionnement des collectifs.

Quelle analyse du travail ?

Les analystes du travail identifient trois modes de reconnaissance du travail, liés à trois jugements sur le travail : le jugement de beauté, délivré par les pairs sur la base de récits ou de situations où le travail est visible : c’est du beau travail, tu es bien des nôtres et même à nul autre pareil. Dans ce jugement entrent à la fois le beau geste et les normes de métier : ce qu’il est bon de faire dans ce travail, et sur q…

Déjà abonné ? Connectez-vous

Ce contenu est réservé aux abonnés.

Vous avez pu lire gratuitement 15% de cet article, créez un compte et nous vous offrons sa lecture.
Abonnez-vous pour pouvoir lire tous nos articles !

À lire sur "Formateur d’adultes"

Qu’est-ce que le « bon » travail enseignant : des définitions qui s’actualisent dans le réel de la classe

En prolongement de la première partie de leur enquête sur le « bon » travail enseignant, des étudiantes en master MEEF premier degré de l’académie de Nantes montrent comment des enseignantes expérimentées doivent arbitrer en permanence entre la progression formelle des programmes et les besoins réels des élèves, et pourquoi elles sont parfois amenées à faire des compromis avec leurs idéaux professionnels

Publié le 23 septembre 2026 16 min
Piloter un projet européen, ça change quoi ?

Le projet CulturEurope mené par l’Inspé de l’académie de Créteil a réuni des formateurs de toutes disciplines pour créer des ressources qui feront vivre la culture européenne dans les classes et aideront à construire un « sentiment d’appartenance européenne » chez les élèves. Pour les formatrices et porteuses du projet, qu’est-ce que cela a changé ? Témoignage.

Abonné Publié le 18 septembre 2026 4 min

À lire sur "Formateur d’adultes"

Qu’est-ce que le « bon » travail enseignant : des définitions qui s’actualisent dans le réel de la classe

En prolongement de la première partie de leur enquête sur le « bon » travail enseignant, des étudiantes en master MEEF premier degré de l’académie de Nantes montrent comment des enseignantes expérimentées doivent arbitrer en permanence entre la progression formelle des programmes et les besoins réels des élèves, et pourquoi elles sont parfois amenées à faire des compromis avec leurs idéaux professionnels

Publié le 23 septembre 2026 16 min
Piloter un projet européen, ça change quoi ?

Le projet CulturEurope mené par l’Inspé de l’académie de Créteil a réuni des formateurs de toutes disciplines pour créer des ressources qui feront vivre la culture européenne dans les classes et aideront à construire un « sentiment d’appartenance européenne » chez les élèves. Pour les formatrices et porteuses du projet, qu’est-ce que cela a changé ? Témoignage.

Abonné Publié le 18 septembre 2026 4 min