Éducation civique : que reste-t-il du moment Louis François?
En mars 2012, une journée d’étude a été consacrée au rôle de Louis François, inspecteur général d’histoire-géographie de 1945 à 1973, réformateur de la discipline et introducteur de la formation civique dans le second degré à la Libération. L’un des organisateurs de cette journée, Jean-Paul Martin, revient ici sur l’originalité de ce moment Louis François en matière d’éducation civique et, en se demandant ce qu’on peut en retenir aujourd’hui, met le doigt sur quelques paradoxes de cet enseignement.
En 1945, l’instauration d’une formation civique pour les élèves du premier cycle, et en 1948 pour ceux du second cycle, s’inscrivait dans une vaste entreprise réformatrice qui passait notamment par l’expérience des classes nouvelles et par une tentative de démocratisation de la vie scolaire. Le maitre d’œuvre principal en fut Gustave Monod, directeur du second degré. Son ami Louis François, protestant et animateur du scoutisme laïque comme lui, résistant éminent, y fut associé dès son retour de déportation.
La formation civique est conçue alors comme devant bousculer les frontières de l’école, tant à l’intérieur de l’institution que vis-à-vis de l’extérieur. Elle comprend principalement trois dimensions :
D’abord, elle est le lieu par excellence …