Écrire ne contient-il pas crier ?

Comment écrire sur des pensées et témoignages de l’écrire ? Il ne s’agit pas ici d’une analyse des produits, des écrits, mais bien du processus même de production de cet écrit livré au lecteur. Une sorte de pensée au carré : écrire sur de l’écrire écrit.
Les contributions de ce dossier posent une question jamais résolue, celle de l’écriture particulière qui n’est ni une écriture personnelle, ni une écriture professionnelle (quoique parfois l’effleurant), ni une écriture romancée, mais ce qu’on appelle une écriture de formation, parfois qualifiée d’écriture réflexive. Ce type d’écriture avait été jusque-là négligé et c’est à la suite des dispositifs d’analyses de pratiques que l’écriture sur l’agir professionnel est venue au premier plan : de quoi s’agissait-il ? Était-ce la même chose que l’écriture professionnelle ? En quoi cette écriture inscrite dans ce dispositif de formation permettait-elle de développer des compétences professionnelles ? Pourquoi ce type d’écriture en ce moment ? N’y avait-il pas une représentation plus intellectuelle de la formation professionnelle obligeant à passer par l’écrit comme médiation d’un savoir d’action nouveau ? Une forme de légitimation des savoirs professionnels ? Ces dispositifs, souvent contraignants, ne forgeaient-ils pas un nouveau rapport à l’écriture ?
Bref, l’utilisation de plus en plus fréquente de l’écriture dans un monde qui parait s’en éloigner avec les images et l’oral, la TV, la FOAD, les MOOC, internet, etc. ne cachait-elle pas une renaissance de l’écriture comme rejet du temps bref des échanges sociaux, du superficiel et du jetable vite oublié ? Que pe…