Dialogue entre les arts
Donner de la profondeur à l’approche des œuvres d’art, par l’éclairage de la chronologie, par l’écoute des échos entre les différentes formes d’expression artistique.
Proposer aux jeunes intelligences un catalogue d’œuvres consacrées par une expérience souvent très ancienne fondée sur l’intuition plus que sur les lois des catégories peut sembler arbitraire. Le pari est hasardeux, mais nécessaire. Car il ne s’agit pas de raisonner en termes d’adhésion, mais seulement de postuler l’inscription féconde de l’œuvre dans la mémoire.
Aucun enseignant ne s’abusera à ce sujet : la réceptivité de l’élève ne peut être pensée hors d’un travail considérable, fourni en amont, lors même que notre époque semble placer sa production sous le signe de l’éphémère. De même qu’aujourd’hui tout le monde peut être célèbre, à condition de le rester quelques minutes, tout ne deviendrait-il pas chef-d’œuvre, mais seulement pour quelques-uns ? Le discours critique actuel le laisse assez comprendre : l’art n’existe pas, l’art, c’est vous, c’est nous, l’art est mort ! Que choisir, et, en conséquence, qu’exclure, l’histoire des chefs-d’œuvre s’apparentant d’une certaine manière — au moins jusqu’à la Seconde…