De l’orientation à la randonnée

Publié le Lecture : 30 min

Comment un niveau de complexité peut-il être recherché au travers d’une forme de pratique scolaire ? Cet article s’appuie sur la course d’orientation pour des élèves de 4e lors d’un cycle de dix heures effectives.

Les activités physiques sportives et artistiques (APSA) génèrent des situations complexes : les solutions sont souvent loin d’être uniques, se construisent progressivement, nécessitent d’opérer des jugements, de faire preuve de discernement. Mais suffit-il de faire un match en fin de séance, situation éminemment complexe, pour rendre les élèves plus compétents ? On voit bien que ce qui est en jeu dans l’approche par compétence est le degré de pertinence entre la situation proposée pour inférer cette compétence et les ressources mobilisées de façon interactive. Il est important de replacer la compétence dans la complexité d’une APSA, et les questions pour le faire sont de trois ordres :

  • la question du ciblage des éléments de culture à transmettre ;
  • la question du niveau de complexité : Quel degré d’incertitude, d’ouverture dans la situation complexe proposée, pour quelles « coalitions de ressources » permettant la construction de la compétence ?
  • La question de l’accompagnement, pour aider les élèves à apprendre à lire la complexité, développer leur jugement et mobiliser leurs ressources à bon escient.

Dit autrement, comment s’y retrouver dans la complexité quand on est confronté à l’enseignement d’une compétence attendue des programmes et d’élèves caractérisés en collège par leur grande hétérogénéité ? Comment ne laisser aucun élève de côté et permettre à toutes et tous d’entrer dans la compétence pour y développer un niveau optimal d’acquisition ?

Le « petit pas en avant » sur lequel porte ce récit de pratique concerne la création de situations complexes permettant de construire la compétence attendue de niveau 2 en course d’orientation des programmes collège.

La course d’orientation au collège

Le profil du terrain en course d’orientation est une contrainte forte, non modifiable. Nos élèves pratiquent la course d’orientation dans une forêt domaniale comportant peu de relief et peu de variété dans les points remarquables : des intersections, quelques trous, des barrières ONF, des gros arbres, des clôtures, des bornes. Quelques endroits permettent de faire des sauts de ligne, sans grand risque de se perdre. Aucune courbe de niveau.

En niveau 1 (classe de 6e), le ciblage de la compétence porte sur la mise en relation entre le terrain et la carte : les élèves apprennent à coder ce qu’ils voient sur le terrain sous forme de légende et se représentent les postes simples à trouver ; ils apprennent à se situer sur la carte ; ils savent orienter leur carte par rapport à deux points remarquables ; ils savent cheminer en marchant et en courant, en suivant des chemins dans une zone de la forêt bien délimitée.

Pour la compétence de niveau 2, l’équipe pédagogique de l’établissement a fait le choix de poser deux problèmes pour trouver des postes :

  • des balises « points remarquables », placées sur un point remarquable facilement identifiable, mais pouvant nécessiter des cheminements simples ou plusieurs décisions d’orientation ;
  • des balises « étalonnage », nécessitant d’évaluer une distance (estimation sur la carte à partir de l’échelle et étalonnage en « double pas » en suivant la ligne directrice) à partir d’un point remarquable facilement identifiable.
Des insatisfactions repérées

Jusqu’à présent, nous adoptions une forme de pratique scolaire traditionnelle, dans laquelle tous les élèves …

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