De la libre soumission
En s’efforçant d’acquérir davantage d’autonomie, en développant connaissances et compétences professionnelles, on aboutit à un paradoxe : plus je me sens autonome dans mes pratiques, moins je le suis au sein du fonctionnement du système scolaire.
Je me souviens de mes débuts dans l’Éducation nationale : épouvantable et enthousiasmant. Commencer à enseigner, c’est prendre un train en marche.
Quand j’entrai dans les murs, l’institution digérait 68. Travaux de groupes, notation par lettres, sorties, expositions, journal scolaire m’apparaissaient comme autant de chantiers ouverts pour le militantisme politique. L’autonomie de tous était au bout du chemin limpide et lumineux. J’allais « changer l’école pour changer la société », et victoire électorale de 1981 aidant, « changer la société pour changer l’école », histoire de donner un petit coup de pouce au processus.
Aujourd’hui, comment continuer à enseigner ? Comment concilier le désir d’appartenance à une institution confrontée à un grand défi démocratique, à une exigence de justice sociale qui met en avant l’autonomie des sujets, avec le malaise d’être un rouage q…