Belles ébullitions, et après ?
Les programmes concernent tous les acteurs de l’école, de leur définition à leur mise en œuvre. Ils auront une place essentielle dans les chantiers de la refondation en cours.
C’est une impression de richesse vibrionnante qui domine à la lecture de ce numéro courageusement consacré aux programmes d’enseignement : enseignants et chercheurs, mêlant leurs points de vue en un domaine où en France, d’ailleurs, et symptomatiquement, la recherche est encore rare, expriment ici des jugements extrêmement forts et divers sur le thème général. On perçoit de nombreuses impatiences, comme si chacun, là où il est, observait en cette matière beaucoup d’incohérences, et c’est cet empirisme des questionnements qui domine, personne ne concluant véritablement, avec en tout cas une approche dominante évitant avec bonheur les réductions idéologiques. Autant de bulles de vapeur, formées « au feu » de l’exercice du métier, qui remontent ici à la surface du liquide, parce que la pression interne est manifestement devenue insupportable. Et c’est ce qui fait la force collective de cette accumulation.
N’entendant pas répéter ici, moins bien qu’ils ne le font, ce que les auteurs des articles mettent en avant, nous aimerions poser les deux questions, d’ailleurs liées, que nous inspire la lecture suivie de ces contributions.
On ne peut en effet pas fermer ces pages sans se demander comment dépasser le stade de la critique, profonde, de ce qui est observé dans le système français par les différents contributeurs. Nous disions qu’un intérêt majeur de ces articles est qu’aucun ne plaque de réponse toute faite : il va bien falloir toutefois à un moment dépasser ce stade de l’ébullition, et poser la question de stratégies de sortie d’une situation étonnante par le degré d’insatisfaction qu’elle sem…