Autorité et gestion de classe
L’auteur, intervenant en formation initiale des enseignants, nous fait part des invariants de la gestion de classe. Débuter dans le métier d’enseignant, c’est aussi se préparer en réfléchissant à son rôle et aux questions d’autorité.
Pendant plusieurs années à l’IUFM (institut universitaire de formation des maitres) de Paris, j’ai animé des séances de formation transversales consacrées à la gestion de classe. Au cours des années, le titre a changé , signe de l’évolution de la conception. On est passé de « tenue de classe » à « gestion de classe », puis à « gestion de classe et climat scolaire ». Le terme de « tenue de classe » sous-entend rapport de force et domptage.
La « gestion » renvoie à un vocabulaire plus technique et permet d’insister sur l’aspect systémique et l’existence de ressources. Le rajout du terme « climat scolaire » rappelle heureusement que tout cela s’inscrit dans une logique de construction collective.
Lorsque j’évoquais ces séances de formation auprès de personnes hors de l’école, les réactions étaient très diverses. Ironique : « Tu leur fais des cours d’autodéfense ? » ; péremptoire : « De toute façon, l’autorité est naturelle, on l’a ou on ne l’a pas. » Mais même parmi les collègues, les réactions étaient très tranchées : « Ne jamais sourire avant Noël », « on n’est pas là pour négocier », « ce qui est le plus important, c’est de bien maitriser sa discipline. » Et chacun d’y aller de son conseil et de la méthode infaillible.
C’est d’ailleurs sur cette base qu’étaient nées ces formations, il y a une dizaine d’années, avec un enseignant médiatisé qui avait réussi à imposer une démarche auprès de l’administration centrale de l’Éducation nationale.
Il est toujours délicat de s’ériger en donneur de conseils : ce qui marche avec certains peut ne pas marcher avec d’autres. On n’y échappe pas quand on …