Ambigüités dans l’écocitoyenneté
Écocitoyenneté : ce néologisme fait florès dans les écoles, les associations, les centres commerciaux… Il semble aller de soi et de nombreux textes en éducation s’en emparent pour la proclamer, parfois tel un slogan. Pourtant, ses contours sont à problématiser.Commençons par une précision étymologique. Le mot écocitoyenneté est formé, tout d’abord, du préfixe -éco : l’oïkos (maison, habitat). Lui est ajouté le substantif féminin de citoyen : une qualité, celle d’appartenir à une communauté politique – soit la polis, la cité au sens grec. La citoyenneté elle-même n’est pas une notion univoque, car elle recouvre en même temps des sens juridiques (avoir des droits et des devoirs), politiques (être légitime à choisir qui le représente par exemple) et sociaux (être traité avec dignité au sein d’une communauté).
D’emblée, au sein même du concept de citoyenneté, les relations entre la personne citoyenne et la personne humaine sont à interroger. Dominique Schnapper nous rappelle à ce propos que le citoyen n’est pas un sujet concret et qu’il ne faudrait pas confondre « l’homme [sic] et le citoyen ». Ainsi, rabattre la condition citoyenne sur la condition humaine c’est, d’une part, ass…