Aborder le fait religieux en cours d’histoire
Une réponse collective, fruits d’échanges entre les membres d’un petit groupe d’enseignants d’histoire-géographie en collège et lycée à la question de l’enseignement du fait religieux. Cette synthèse s’attache à montrer que ces questions parfois dites controversées ou socialement vives donnent lieu à des pratiques de classe plutôt apaisées.Si nous reprenons la définition avancée par Régis Debray, le fait religieux est « à la fois un fait de mentalité et un fait de société ». Par-là, le fait religieux ne cesse d’être présent dans les programmes d’histoire et de géographie dans l’enseignement secondaire.
Les nouveaux programmes de 6e et de 5e traitent à de nombreuses reprises du fait religieux de manière explicite : ainsi en 6e, le thème 2 « Récits fondateurs, croyances et citoyenneté » invite les enseignants à proposer une étude croisée de faits religieux, replacés dans leurs contextes culturels et géopolitiques. Il s’agit aussi de confronter faits historiques et croyances. On aborde les mythes et la naissance des monothéismes. Le thème 3 aborde ensuite « Des chrétiens dans l’empire » et les fondements de ce nouveau monothéisme. Mais dès la première séquence en classe de 6e, sur la préhistoire humaine, le fait religieux peut se retrouver évoqué aussi bien pour la question des origines que lorsqu’on traite de l’art et du pourquoi. À la question posée par un élève, s’il y avait des religieux parmi les premiers hommes, il faut plutôt attendre le néolithique et les statues-hommes pour envisager peut-être une religion. Il devait exister des croyances sans doute animistes ou totémiques, mais l’absence d’écriture rend le sujet difficile à interpréter. « Il faut en rester au fait archéologique » a été la réponse pour la classe.
En classe de 5e, on retrouve le fait religieux …