Comment mettre en œuvre de nouveaux programmes ?
Reprise régulière de notions, place de l’oral et de la littérature : des pistes pour des programmes pensés pour le temps long de la pédagogie.
Le rythme de parution des programmes de l’école primaire s’accélère : 1985, 1995, 2002, 2007, 2008. Le temps pédagogique est censé se caler sur les changements politiques. Pourtant, là où celui-là a besoin de durée, d’expérimentation, de tâtonnement, ceux-ci précipitent les décisions, exigent une application immédiate des textes, bien souvent sans évaluation des programmes précédents.
C’est également au détriment de la cohérence interne des textes officiels. Un enjeu essentiel d’une reprise des programmes est de réguler, de la maternelle au CM2, l’augmentation de la difficulté des notions. Ils ne peuvent se limiter à une suite de microcompétences ou d’objectifs rangés chronologiquement et répartis sur les huit années de la scolarité primaire. Pour être efficace, une répartition des reprises d’une année sur l’autre doit éviter les incohérences et clarifier les notions de base (cf. encadré).
Les textes officiels ont toujours eu à prendre en compte, soit en l’évitant soit en la confortant, la question de l’exhaustivité, de l’encyclopédisme. Le temps que l’on peut consacrer à ces apprentissages n’étant pas infini, il faut accepter une hiérarchisation des notions et la suppression de plusieurs d’entre elles. À ceux qui crieraient au laxisme (« parce que les enfants sont trop faibles, on diminue encore le programme »), je rappelle que…