Une question de focale

Publié le Lecture : 18 min
Est-il utile de connaitre le fonctionnement du cerveau pour mieux apprendre en maths ou en anglais ? L’auteur expose ici des interrogations sur le rapport entre les connaissances métacognitives générales et les disciplines scolaires, qui mettent en jeu des processus spécifiques.

L’examen des ouvrages consacrés à la métacognition aboutit au constat d’une grande hétérogénéité. On peut y trouver des approches disciplinaires, consacrées à la dimension métacognitive des apprentissages, par exemple, dans la lecture-compréhension, les langues secondes, les mathématiques, etc. Ces approches rejoignent celles qui sont consacrées à l’entrainement des méthodes de travail dans chacune des disciplines concernées, et débouchent fréquemment sur la question de l’autonomie, ou de l’autonomisation, des élèves dans leurs apprentissages. On trouve aussi des ouvrages qui portent sur la métacognition en général, et notamment (car l’engouement pour les neurosciences éducatives renforce l’émergence de cette dimension) des ouvrages qui argumentent que la connaissance, par les apprenants, des mécanismes qui permettent d’apprendre constitue un élément favorable à la mise en œuvre des apprentissages. On en infère qu’il est souhaitable et possible de développer cette connaissance à travers des dispositifs supposés expliquer comment fonctionnent le cerveau et la cognition, ou supposés entrainer des capacités cognitives générales (l’attention, la mémoire, etc.).

Cette hétérogénéité des entrées dans la métacognition conduit à s’interroger sur leur compatibilité, leur complémentarité ou leur articulation. Nous proposons ici d’examiner ces questions sous l’angle d’une distinction entre processus généraux (« comment fonctionne le cerveau ou le système cognitif ? ») et processus spécifiques (« comment on résout un problème de mathématiques ? », ou « comment on rédige une dissertation ? »), et nous argumentons, en nous fondant sur les données de la psychologie cognitive, que leur articulation peut être mieux comprise si l’on prend en compte la distinction entre processus explicites et processus implicites.

 double dissociation

Les recherches sur le développement cognitif ont montré que les connaissances métacognitives s’accroissent avec l’âge, mais que cela n’a pas nécessairement de conséquence sur leur utilisation : on parle à ce sujet d’une « déficience d’utilisation »

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