Tisser des liens

Publié le Lecture : 19 min

Pas de nostalgie ni de mauvais augure : la découverte du latin et du grec continue d’intéresser beaucoup d’élèves, et la fin du caractère sélectif de cette option est une invitation à en renouveler les pratiques pédagogiques.

Nous ne vivons pas aujourd’hui la première crise de déni des langues anciennes. Raoul Frary1dénonçait en son temps l’inefficacité de l’enseignement du latin en affirmant que le latin ne « muscle » pas le cerveau (en témoignent les élèves dont il critiquait les échecs), mais au contraire inhibait l’intérêt que les enfants ont devant tout savoir vivant comme l’histoire, la géographie, les langues vivantes, disciplines bien acceptées parce que facilement motivantes. Il n’avait pas entièrement tort, n’en déplaise à certains. Il poursuivait en considérant l’échec patent de cet enseignement qui ne permettait qu’à un tout petit nombre d’arriver au stade où le latin devient un instrument de découverte réellement enrichissant. Pour lui, c’était d’ailleurs de cet échec même, qui fait qu’il ne restait quasiment rien de l’enseignement du latin pour la plupart des élèves qui l’avaient subi, qu’est né l’argumentaire selon lequel il forme l’esprit, sorte de lot de consolation !

Des disciples béats

Les choses ont-elles profondément changé ? Soyons lucides, sans esprit polémique. Une désaffection radicale entre le collège et le lycée : pour 1 000 élèves inscrits en 5e, soixante en terminale ; des compétences certes bon…

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