Savoir tisser des liens
L’avenir de la formation des enseignants en neurosciences éducatives ne peut s’intégrer en quelques heures, ni consister à appliquer des méthodes clé en main, comment alors l’envisager dans une perspective d’évolution du métier ?
Le cerveau passionne, mais l’évolution des connaissances neuroscientifiques suscite parfois dans les établissements scolaires des manifestations de crainte ou d’enthousiasme excessives. Soit les enseignants sentent pointer une menace de scientisme qui dériverait inévitablement vers une déshumanisation du système éducatif, soit ils espèrent que les découvertes en neurosciences fourniront enfin une réponse claire pour comprendre toutes les subtilités du fonctionnement du cerveau et résoudre ainsi les difficultés scolaires.
Former les enseignants aux neurosciences éducatives est une démarche intellectuelle qui demande un haut niveau d’analyse et de visée éducative : les neurosciences éducatives tissent des liens étroits avec la sociologie de l’éducation, la philosophie de l’éducation, les sciences de l’éducation, l’éthique, la biologie, l’anthropologie. Ainsi, l’intégration des neurosciences éducatives offre-t-elle en effet une formidable possibilité pour l’école d’entrer dans la complexité telle que la définit Edgar Morin.
Toute formation en neurosciences devrait s’accompagner de quelques précautions : combattre la sursimplification des contenus scientifiques par une attitude réflexive et, surtout, par une étude épistémologique destinée à déterminer l’origine, la logique, la valeur et la portée des contenus de ces connaissances neuroscientifiques. La connaissance du cerveau représente bien trop d’enjeux futurs dans le domaine de l’éducation pour être spoliée par des sessions clés en m…