Pour différencier, j’inverse
Peut-on mettre en place un enseignement inversé en CM1-CM2 dans un contexte socioculturel plutôt défavorisé ? L’auteure répond par l’affirmative, en montrant les retombées positives en termes d’apprentissages différenciés, mais aussi les inconvénients et les freins.
Ma principale préoccupation l’an dernier fut la grande hétérogénéité de ma classe. Lors d’une séance de découverte d’une nouvelle notion, au bout de cinq minutes, trois élèves s’ennuyaient, car ils avaient déjà compris et étaient prêts à réinvestir leurs nouveaux acquis. J’ai donc cherché au départ un moyen de passer plus de temps avec les élèves rapides pour leur permettre à eux aussi d’avancer, de se confronter à des tâches plus complexes et de gérer eux-mêmes leur rythme d’apprentissage. Je souhaitais également leur épargner une partie des activités, inutiles pour eux, et leur rendre mon enseignement plus attractif. À côté d’eux, au bout de vingt minutes, six élèves n’avaient toujours pas compris ou n’étaient toujours pas prêts : soit ils n’avaient pas osé poser leurs questions ou m’arrêter lorsqu’ils ne comprenaient pas, soit ils n’avaient pas réussi à rester concentrés pendant ces vingt minutes. Ou alors, voyant qu’ils ne comprenaient pas et voulant les aider, j’avais réexpliqué de plusieurs manières différentes, ce qui, au bout du compte, les avait no…