Penser la relation d’accompagnement
En un temps où l’accompagnement se développe jusqu’à devenir mode ou slogan, sans guère de repères pour en penser la mise en œuvre, cette contribution questionne la relation entre accompagnant et accompagné, et envisage ses enjeux dans le champ de l’éducation.
L’accompagnement, c’est « être avec », et « aller vers » dans une visée de partage (ac-cum-pagnis). La définition du verbe « accompagner » affine sa compréhension : « se joindre à quelqu’un » (dimension relationnelle), « pour aller où il va » (dimension temporelle incluant un déplacement), « en même temps que lui » (à minima à son rythme). Tel est le principe éthique : l’action se règle sur autrui. La dimension relationnelle est première : de la mise en relation dépend la mise en chemin. Construire une relation de confiance permet d’envisager de travailler ensemble et travailler ensemble renforce la confiance. La dimension relationnelle s’inscrit dans le temps : celui de l’apprentissage de la présence à autrui et de la confiance.
la place de chacun dans l’interlocutionCe qui est ici déterminant, c’est la place de chacun dans l’interlocution. Or, il n’y a que deux places : la place de celui qui parle et la place de celui qui écoute. Si j’occupe la place de celui qui parle au sens de faire circuler dans la parole …