Orthographe : jouer sur les deux tableaux
Admettons d’emblée que le niveau en orthographe baisse, sans pour autant rejoindre le chœur des pleureuses, puisque cette baisse a commencé vers 1925, selon André Chervel. Redisons combien notre orthographe est d’une acquisition difficile, en combattant le mythe d’une époque où tous l’auraient maitrisée. Ce constat n’est pas un alibi. Il demande de chercher encore, de chercher toujours : comment faire ?
S’il y a bien un apprentissage peu piloté, c’est celui de l’orthographe, caractérisé par une grande hétérogénéité des pratiques. On va d’une dictée à un peu de découverte, puis à l’énoncé d’une règle suivie d’entrainements, en repassant, d’une année sur l’autre, par les mêmes zones problématiques, accords du verbe, conjugaisons, homophones fréquents. Au collège, un élève peut faire très peu d’orthographe avec un professeur et beaucoup avec un autre, suivre un programme très « Bled » une année, en passant par les raffinements des pluriels des adjectifs de couleur, revenir aux accords des verbes avec les sujets l’année suivante parce qu’ils ne sont toujours pas acquis, puis préparer le brevet par l’aléatoire des dictées. Il y a surtout des répétitions à l’infini, sans réelle progression, du CE2 à la 3e.
Au palier 3, les …