Neuroéducation : attention danger !
L’auteur, qui fait autorité sur le sujet sur le plan international, après avoir constaté la fin du neuroscepticisme, met en garde les neuroaccros contre les neurocharlatans, neurotrafiquants et neuromanipulateurs !
Au tournant du siècle, alors que la neuroscience éducative (NE) n’était que balbutiante, la principale force qui s’opposait à son émergence était, au-delà d’un scepticisme bien compréhensible à l’époque, l’indifférence du monde de l’éducation pour la compréhension des mécanismes cérébraux. Bien que le potentiel de la nouvelle discipline ait été très vite identifié par les enseignants, une forte résistance se manifestait chez les décideurs du domaine, comme souvent, en retard de plusieurs guerres, et davantage encore, bien que pour de tout autre raison, au sein des sciences de l’éducation. Une quinzaine d’années plus tard, tout cela appartient à l’histoire : tant le scepticisme (peu informé) que les résistances (non informées) des origines ont pratiquement disparu. La NE est désormais populaire dans le milieu éducatif (ce qui, en principe, devrait être une bonne chose), au point de faire l’objet d’un véritable effet de mode, ce qui implique nécessairement de nouveaux défis.
Dès le début des années 2000, une autre difficulté apparait : partout, on voit émerger (de manière spontanée en apparence) et dangereusement proliférer divers neuromythes, dont la dissémination rapide n’épargne aucune région du globe. Les médias de masse, qui rapidement s’agrippent à l’attractivité de la NE (il faut dire que le cerveau fait vendre), s’en emparent et se mettent à sursimplifier à outrance, comme leur logique les y pousse toujours et à généraliser indument certains résultats scientifiques