L’enfant aux deux langues anciennes ?
Les théories et les pratiques d’enseignement des langues ont bien évolué depuis le début du XXIe siècle et l’adoption des compétences avec des niveaux certifiés montre l’enjeu d’une maitrise du langage, qui ne peut se développer que dans un cadre multilingue ardemment prôné par l’auteur.
Claude Hagège : J’ai publié, le 4 mars 1992, un long article dans Le Monde consacré à la défense des langues anciennes. Les conseils que je donnerais sont très simples et sont la conséquence logique d’une disposition que je préconise : faire venir, afin de développer un bilinguisme précoce, des professeurs autochtones d’une langue donnée dans un pays où ils enseignent leur matière dans leur langue et, du même coup, cela allègerait l’horaire des cours de langue. Si le cours d’allemand compte cinq heures et que trois d’entre elles sont supprimées parce qu’elles sont transférées sur un cours d’histoire fait en allemand par un professeur allemand d’histoire, ces heures libérées, qui constituent un volume considérable, seront mises à disposition du latin et du grec, c’est ce que je préconise explicitement dans L’enfant aux deux langues.
C. H. : Du fait de la précocité auditive, je ne peux pas développer les mêmes suggestions pour les langues anciennes que pour les langues vivantes, car cela supposerait que nous sachions les prononcer, que nous ayons à notre disposition une norme phonétique et que nous soy…