Le vrai, le beau… mais le bien ?
Un plaidoyer en faveur d’une école où l’on écoute les enfants, où l’on prenne en considération leurs interrogations, leurs perplexités, leurs indignations, où on les aide à confronter leurs points de vue, à s’informer, à se faire une conviction de ce qui est bien et ce qui est mal.
On dit volontiers que, dans une société qui a perdu ses valeurs et ses repères, les enseignants se savent trop condamnés à l’impuissance pour tenter l’impossible. En effet, quelle sociabilité développer en classe quand la société fabrique de l’exclusion ? Quelle morale, quand ceux qui nous représentent se noient dans les affaires ? Quel civisme quand la justice est mise en doute et que le libéralisme instaure le règne impitoyable du chacun pour soi ? Quelles valeurs de référence, quand les droits de l’homme sont soit reconnus mais partout bafoués, soit contestés dans leur légitimité ?
Il me semble pourtant que le fond du problème n’est pas là. En analysant, dans l’éducation scientifique comme dans l’éducation esthétique, les valeurs que traite l’école (ce qu’elle enseigne et les méthodes qu’elle utilise) et le sujet auquel elle s’adresse (l’enfant), je voudrais montrer qu’elle navigue là dans un consensus qu’autorisent ces domaines et que lui autorise la société ; ce qui n’est pas le cas en éducation civique.
Dans l’enseignement scientifique, le vrai que l’on enseigne a ses modèles déposés dans les productions scientifiques humaines. Il est installé dans son statut à la fois absolu et historique et l’enseignement scientifique ne manque ni de contenus peu contestés que cernent les progra…