Le lycée des occasions manquées (et des questions sans réponses)

Publié le Lecture : 19 min
À vouloir faire du lycée l’antichambre de l’enseignement supérieur, on perd les valeurs qui devraient pourtant présider à sa conception : droit à l’erreur et au choix, formation du citoyen et lutte contre les inégalités.

En 2009, j’avais déjà utilisé l’expression « occasions manquées » pour qualifier la réforme Chatel-Descoings qui vit maintenant ses dernières années, avant d’être remplacée par la réforme Blanquer-Mathiot. À l’époque, il y avait eu beaucoup de consultations et des espoirs étaient nés qu’un véritable lycée modulaire et polytechnique émerge de ces travaux. Et puis les arbitrages, les compromis, les pressions diverses ont donné le lycée que l’on connait. Prévue au départ pour mettre fin à la hiérarchie des séries, la réforme a accouché d’un lycée tout aussi inégalitaire et rigide qu’auparavant.

On a l’impression que l’histoire se répète. Les bonnes intentions initiales présentes dans les propositions du rapport Mathiot semblent oubliées dans le projet présenté par le ministre Jean-Michel Blanquer, le 14 février 2018. Et la lutte contre les inégalités, qui devrait être pourtant le seul critère d’évaluation, semble bien peu présente dans ce projet.

Du Bac au lycée

Initialement, il s’agissait de réformer le bac. Dans le programme électoral d’Emmanuel Macron, on indiquait : « Nous moderniserons le baccalauréat. Il y aura désormais quatre matières obligatoires à l’examen. Les autres seront validées par un contrôle continu. »

En 2009, on s’était bien gardé de toucher au « monument national », par crainte des réactions des lycéens refusant un « bac à deux vitesses », avec le contrôle continu considéré comme un risque de rupture …

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